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Comment se manifeste l’anxiété chez les tout-petits ?

26/12/2022

Anxiété chez les tout-petits

Comme toute émotion, l’anxiété est un sentiment non seulement naturel mais utile. Un tout-petit n’a pas les mots pour dire ce qui ne va pas. Il pleure plusieurs heures par jour car c’est là son seul moyen de communication. Lorsqu’il s’exprime ainsi à grand renfort de cris, il ne cherche pas à contrarier ses parents, mais leur manifeste qu’il est contrarié, lui. Il attend que vous répondiez à ses besoins, ni plus ni moins.

Rapidement, vous parviendrez à distinguer deux types de pleurs. Les pleurs physiologiques : votre bébé a faim ou soif, il a chaud ou froid, il a mal quelque part, son vêtement ou sa couche le gêne, sa position est devenue inconfortable, etc. Et les pleurs de décharge, ces larmes qui jaillissent sans véritable raison, plutôt en fin de journée : votre enfant extériorise son trop-plein d’émotions, il partage ses frustrations, il évacue la tension.

Apaiser son anxiété

Quelle que soit la situation, rappelez-vous que ces pleurs sont le signe que votre bébé a confiance en vous et qu’il espère soit une solution, soit du réconfort. Même si la cause de ses petits malheurs vous échappe, il y en a une. Alors, prenez-le dans les bras. Vous lui offrez ainsi un espace de sécurité et lui donnez la possibilité de pleurer avec vous, tout contre vous. En devenant « contenant », vous le rassurez de votre présence, ce qui favorise plus encore sa confiance.

N’hésitez pas à lui faire écouter les battements de votre coeur ou sentir votre odeur. Parlez-lui tout doucement : « Je vois que quelque chose ne va pas, je suis là pour toi ». Ainsi, vous lui transmettez un message important, vous reconnaissez et accueillez son émotion. Vous pouvez aussi le mettre en « position de l’avion » : votre tout-petit, dont vous maintenez fermement l’entrejambe, est couché sur le ventre le long de votre avant-bras; vous le bercez ou massez son dos avec l’autre main. Dernière option :
l’emmaillotage, qui lui permet de retrouver des sensations connues in utero, là encore contenantes et rassurantes.

Des demandes singulières

Deux situations particulières méritent une attention accrue. Votre enfant est peut-être un BABI, un Bébé Aux Besoins Intenses. Hautement sensible, il réagit de façon plus vive aux stimuli extérieurs et a besoin d’être auprès de vous, plus longtemps et plus souvent que les autres. Rassurez-vous, cette période ne dure pas, votre tout-petit grandit et gagne en maturité de jour en jour.

L’angoisse du huitième mois est également une expérience délicate pour lui. Aussi appelée la peur de l’étranger, elle correspond à une étape normale du développement de l’enfant. Si votre bébé se met à crier lorsqu’il ne vous voit plus ou s’il fait la tête au premier venu, il traverse probablement cet épisode. Il s’agit alors de l’aider à comprendre « la permanence de l’objet », c’est-à-dire que le monde existe de façon permanente, que l’absence physique ne signifie pas que l’objet n’existe plus, ou que vous disparaissez pour
toujours. Vous pouvez jouer à « coucou-caché » avec vos mains pour l’y habituer et surtout lui parler, lui expliquer que vous allez revenir lorsque vous devez vous absenter.

Quand l’angoisse devient trop forte

Si l’anxiété passagère est humaine, et ce, dès les premières heures de la vie, elle peut néanmoins devenir intense et fréquente, jusqu’à s’accompagner de troubles qu’il convient d’apprendre à repérer. Les professeurs Daniel Marcelli et David Cohen, tous deux pédopsychiatres, les détaillent dans leur livre « Enfance et Psychopathologie » (Elsevier Masson) : « des troubles du tonus (hypertonie, grandes décharges motrices au sein d’une motricité souvent désorganisée, saccadée) ; une hypervigilance (le visage est immobile, silencieux, attentif comme « glacé ») ; des comportements d’accrochage ou d’agrippement à autrui ou au contraire une gesticulation anarchique avec grand rejet en arrière de la tête et du tronc ; une incapacité de l’enfant à se lover et à trouver une attitude confortable dans les bras de l’adulte malgré les efforts de ce dernier. » Si vous observez ces manifestations, parlez-en au pédiatre qui saura vous aider.