Pourquoi l'alimentation est-elle importante en cas de diverticulite ?
Excès de sucre, de gras, de sel, consommation excessive d’aliments ultra-transformés, on le sait, l'alimentation joue un rôle majeur dans l'apparition de nombreuses pathologies chroniques et aiguës. Et son rôle est tout aussi crucial dans leur prévention et leur accompagnement. En la matière, les affections coliques n’y font pas exception. Les personnes porteuses d’une diverticulose (anomalie anatomique du gros intestin) doivent ainsi privilégier une alimentation saine, équilibrée et variée.Contrairement aux idées reçues, elles peuvent notamment consommer :
- Des fruits à coque (noix, noisettes, amandes, pistaches, etc.) ;
- Du blé ;
- Du maïs ;
- Du pop-corn.
En faisant notamment la part belle aux fibres afin de préserver au mieux leur tolérance digestive plutôt qu’à la viande rouge.
Avec un bémol toutefois : leur consommation d’aliments riches en fibres végétales et résidus (peaux, pépins et parois des fruits / légumes / légumineuses / céréales complètes ; déchets de viande non digestibles) doit être brièvement stoppée lorsqu’une poussée inflammatoire se manifeste (diverticulite) afin de mettre au repos leur intestin, diminuer leur volume de selles et éviter d’irriter davantage leur muqueuse intestinale.
Quels aliments éviter en cas de poussée aiguë de diverticulite ?
Aujourd’hui, en cas de diverticulite aiguë, les recommandations vont plutôt en faveur d’une diète (2-3 jours) à base de bouillons clairs, compotes/jus de fruits filtré(e)s… jusqu’à amélioration des symptômes (atténuation de la douleur abdominale…). Un régime liquide qui cependant doit être élargi dès que possible, en privilégiant alors la consommation d’aliments pauvres en fibres et résidus.
Ce qui implique d’éviter les aliments suivants (liste non exhaustive) :
- les pains/céréales complètes et dérivés (pain complet, son, riz complet, pâtes complètes, muesli…) ;
- la charcuterie et viandes coriaces avec cartilage (jarret ou gîte, paleron par exemple) ;
- les fritures ;
- les légumes crus (crudités) ;
- les légumes fermentescibles crus ou cuits (choux, brocoli, maïs, etc.) ;
- les légumineuses (lentilles, haricots secs, pois, fèves, cacahuètes…) ;
- les fruits secs (dattes, figues, pruneaux, abricots/raisins secs…) ;
- les mets épicés.
Il convient également de cuisiner avec peu de matières grasses.
À noter : ceci vaut dans le traitement de la diverticulite légère, non lorsque l’inflammation est sévère, auquel cas une hospitalisation peut être nécessaire avec une prise en charge qui diffère.
En cas de diverticulite, les aliments riches en fibres sont-ils toujours recommandés ?
Les fibres ont de nombreux bienfaits, parmi lesquels celui de réguler le transit intestinal. Consommer des aliments riches en fibres fait donc partie intégrante des recommandations alimentaires de santé publique. Précisément, entre 25 et 40 grammes par jour pour un adulte en bonne santé. À titre indicatif, ces apports peuvent être atteints grâce à :
- 5 portions de fruits et légumes par jour,
- des pains et céréales (complets/semi-complets de préférence) à chaque repas et selon l’appétit,
- des légumes secs au moins deux fois par semaine
- une petite poignée quotidienne de fruits à coque.
Pour autant, en cas de diverticulite, les aliments riches en fibres ne sont pas toujours recommandés. Les fibres peuvent irriter les muqueuses et/ou favoriser des inconforts digestifs en raison de fermentations excessives. Il est alors souvent conseillé d'adapter temporairement leur consommation afin de mettre l'intestin au repos et de favoriser la diminution de l'inflammation. Une fois la crise passée, les fibres peuvent généralement être réintroduites progressivement dans le cadre d'une alimentation équilibrée.
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Alcool, épices, aliments gras : quels impacts sur les symptômes ?
Certains aliments ne font pas bon ménage avec la diverticulite. Ils ont tendance en effet à irriter les muqueuses digestives, accentuant ainsi l’inflammation et les douleurs.
C’est le cas en particulier :
- des épices fortes (poivre, curry, paprika, piment…) du fait de leur composition en capsaïcine (composant actif du piment) et pipérine ;
- des matières grasses cuites (fritures, beurre noir, lard, saindoux…) ;
- des viandes grasses (bœuf, porc, agneau) et cuites.
Il en va de même de l’alcool, sa consommation excessive peut augmenter le risque de diverticulite de 2 à 3 fois par rapport à la population générale comme des préparations culinaires qui en contiennent (plats et/ou desserts).
Quels aliments privilégier pour favoriser la récupération après une diverticulite ?
Après une crise, le retour à une alimentation normale, puis enrichie en fibres, doit s’effectuer progressivement. Et cela passe, comme indiqué précédemment, par une alimentation pauvre en fibres et en résidus pendant une période déterminée, avant de réintroduire progressivement les aliments fibreux.
Voici quelques aliments suggérés pour favoriser la récupération après une diverticulite.
- Dans les produits céréaliers :
- céréales raffinées, pain blanc, biscottes, biscuits secs, pâtes alimentaires confectionnées à partir de farine blanche, couscous, riz blanc.
- Au niveau des produits laitiers :
- lait (si pas d’intolérance au lactose), boissons lactées (soya, amande, riz) ; yaourts, fromages faibles en matières grasses, desserts au lait.
- Parmi les viandes et substituts protéiques :
- œufs ,viandes maigres, poisson, tofu.
- Fruits et légumes
- bien cuits, en conserve ou en purée, fruits crus sans peau ni pelure, sans membrane ni pépins.
- Autres : gelée, confiture sans pépins…
À retenir : la réintroduction de l’alimentation habituelle doit se faire progressivement afin de vérifier la tolérance de l’intestin. Il est recommandé de réintroduire les aliments un par un, en procédant par familles alimentaires, par exemple en commençant par les fruits et légumes cuits avant de passer aux crudités. Cette phase de récupération est variable d’une personne à l’autre et peut être plus ou moins longue. Il est également important de veiller à une hydratation suffisante tout au long de cette période.
Exemple de menu après une crise de diverticulite
Exemple de menu dès lors que la crise s’atténue, soit 2-3 jours après :
- au petit-déjeuner : biscottes ou pain blanc grillé avec beurre et/ou confiture (sans pépins)/gelée + boisson chaude (thé, café) et/ou jus de fruits sans pulpe ;
- au déjeuner : riz blanc + haricots verts (bien cuits) avec poisson blanc (cuisson vapeur, au four en papillote, au court-bouillon ou grillé) + produit laitier (yaourt et/ou fromage peu gras et non persillé) + pain blanc ;
- au goûter : biscuits secs ou fruit cru/pelé et sans pépins ;
- au dîner : velouté carottes/potiron + œufs coque + compote de fruits maison (fruits pelés et épépinés).
Comment prévenir les récidives de diverticulite grâce à l’alimentation ?
Les récidives de diverticulite sont fréquentes, puisque près d’un tiers des patients connaissent une nouvelle poussée après un premier épisode. À ce jour, aucun régime alimentaire, y compris un régime sans résidus suivi sur le long terme, ne peut être recommandé en prévention de ces récidives. De même, la prise de probiotiques (bactéries ou levures) n’est pas recommandée dans cet objectif.
Il reste néanmoins possible d’agir en faveur de sa santé digestive. En dehors des périodes de poussée aiguë, adopter une alimentation variée, équilibrée et suffisamment riche en fibres contribue à favoriser un bon transit intestinal et pourrait participer à la réduction du risque de récidive.
Cela implique notamment :
- de privilégier les aliments frais non transformés (hors périodes de poussées aiguës),
- de mastiquer suffisamment pour faciliter la digestion et réduire la présence de gaz,
- de prendre de petits repas accompagnés de collations,
- de boire au moins 1,5 à 2 litres d’eau/jour (en période/activité physique normale).
Outre ces recommandations d’ordre alimentaire, on retiendra aussi sur ce point l’importance de pratiquer une activité physique régulière et d’aller à la selle dès que l’envie se fait sentir.