Toutes les informations et bonnes pratiques pour mieux vous orienter en matière de santé !
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Après une interruption spontanée de grossesse, les femmes s’interrogent souvent sur leur fertilité. Sont-elles, comme une croyance le laisse entendre, davantage fertiles dans la période qui suit ? Démêlons le vrai du faux sur cette idée assez répandue. Et plus globalement, faisons le point sur cet événement hélas assez courant dans la vie des femmes et des hommes désirant devenir mères/parents.
Au sommaire
Fausse couche : que se passe-t-il dans le corps ?
Sommes-nous réellement plus fertiles après une fausse couche ?
Pourquoi une grossesse peut survenir rapidement après une fausse couche ?
Quand peut-on retomber enceinte après une fausse couche ?
Comment optimiser ses chances de conception après une fausse couche ?
Les facteurs à prendre en compte pour une nouvelle grossesse
10 à 15 % des grossesses se soldent par une fausse couche. Chaque année, près de 200 000 françaises en sont ainsi victimes dans les cinq premiers mois de leur grossesse, le plus fréquemment, au cours du premier trimestre.
Cette interruption spontanée de grossesse se manifeste le plus souvent par deux points d’appel majeurs, à savoir des saignements vaginaux – légers ou abondants, irréguliers ou ininterrompus, de teinte brunâtre ou rouge vif – associés à des douleurs abdominales/lombaires ou à des crampes pelviennes similaires aux douleurs des règles. Deux signes qui doivent conduire les femmes à contacter leur gynécologue et/ou médecin généraliste, voire à se rendre aux urgences si leurs saignements sont abondants et assortis d’une sensation de faiblesse, de vertiges, de confusion, de nausées/vomissements.
Autres symptômes possiblement évocateurs de fausse couche : l’expulsion de tissus embryonnaires brunâtres ou de caillots de sang par voie vaginale, ou encore un arrêt brutal des signes de grossesse (tension dans les seins, nausées, reflux gastrique…).
À noter : un saignement par voie vaginale en début de grossesse n’est pas forcément un signe annonciateur de fausse couche. Certaines fausses couches passent inaperçues, celles-ci survenant avant même que la femme sache qu’elle est enceinte.
Les causes pouvant provoquer cette interruption avortement spontanée de grossesse varient selon qu’il s’agit ou non d’une fausse couche isolée.
À noter : parfois, la cause de ces fausses couches répétitives n’est pas trouvée. Celles-ci peuvent aussi être multifactorielles.
Une femme n’est pas plus fertile après un tel événement. En dépit d’une certaine croyance en la matière, aucune étude scientifique n’a établi de lien de causalité entre un arrêt naturel de grossesse et une fertilité supérieure dans les mois qui suivent.
Dans la majorité des situations, soit après une fausse couche précoce et/ou isolée, la fertilité est préservée ; l’événement ne détermine pas une incapacité à procréer. Les femmes peuvent ainsi se retrouver potentiellement enceintes dès le retour de l’ovulation – marqué par celui de leurs règles – à partir du moment où elles n’ont bien sûr pas repris de contraception. Un délai de retour qui oscille en moyenne entre 4 et 8 semaines mais qui peut être réduit à 2 lorsque la fausse couche a été particulièrement précoce (avant la 6e semaine de grossesse). La survenue d’une nouvelle grossesse peut donc être assez rapide si la femme et son partenaire reprennent une vie sexuelle dans la foulée (il leur est toutefois conseillé aux femmes d’attendre environ deux semaines avant d’avoir de nouveau des relations sexuelles afin de limiter tout risque infectieux).
Six mois, trois mois, voire aucun…, le sujet du délai à respecter avant de retenter une nouvelle grossesse après une fausse couche est sujet à controverse. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise aux femmes d’attendre au moins six mois, afin de permettre notamment une restauration pleine et entière des fonctions ovariennes. Mais plusieurs études tendent à contredire cette recommandation de l’institution internationale, démontrant un moindre risque de récidive de fausse couche comme de complications lorsque les femmes sont de nouveau enceintes dans la foulée. Toujours est-il que le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a revu fin 2014 ses recommandations en ce sens. Il ne préconise plus aucun délai d’attente aux femmes souhaitant se relancer dans une nouvelle grossesse après une telle épreuve. Ce qui doit prévaloir est qu’elles s’y sentent prêtes, tant physiquement que psychologiquement. Selon la cause de leur fausse couche, certaines femmes peuvent se voir néanmoins notifier par leur gynécologue une contre-indication à tomber enceinte juste après.
Les saignements marquent en principe la fin du cycle de grossesse, et donc le départ d’un nouveau cycle. Après une fausse couche, les prochaines règles reviennent en général 4 à 8 semaines après. Plutôt 4 à 6 semaines après, voire dès 2, lorsqu’il s’est agi d’une fausse couche précoce, et plutôt 6 à 8 semaines après lorsque la fausse couche a été tardive. Dès lors que l’ovulation est revenue, la conception d’un nouveau fœtus est possible. Reste que pour mettre toutes les chances de leur côté, les femmes désireuses d’une nouvelle grossesse ont tout intérêt à connaître précisément leur phase d’ovulation, c’est-à-dire les jours où la fécondation de l’ovocyte peut se produire. Cette “fenêtre fertile” pour concevoir dure approximativement six jours lors de chaque cycle menstruel (une femme n’ovule pas forcément pile le 14e jour de son cycle !). Un laps de temps durant lequel les relations sexuelles auront le plus de chance d’aboutir à une conception.
Pour connaître leur “fenêtre fertile”, les femmes disposent de plusieurs moyens.
Etre attentives à leurs symptômes d’ovulation : tensions dans les seins, libido à la hausse, spotting d’ovulation (léger saignement qui se produit lorsque la femme ovule), douleurs ou crampes dans le bas-ventre…).
Comme mentionné en préambule, la fausse couche est un événement hélas assez courant dans la vie des femmes souhaitant enfanter. S’il s’agit d’un “incident” isolé, un bilan médical n’est pas nécessaire. Pour autant, la planification d’une consultation préconceptuelle peut être tout à fait opportune. Réalisée par le médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme, elle est l’occasion pour les femmes d’évoquer la survenue de leur fausse couche passée et leurs éventuelles appréhensions vis-à-vis d’une nouvelle grossesse, mais aussi de faire le point sur leurs habitudes de vie et celles du partenaire, leurs vaccinations, leur immunisation contre certaines maladies infectieuses… En revanche, si deux voire trois fausses couches se succèdent, un bilan médical est vraiment indispensable pour en rechercher la cause (dans la mesure du possible) et la traiter éventuellement.
Enfin, les femmes ayant vécu une fausse couche ne doivent pas négliger leur état mental avant de s’engager dans un nouveau projet de grossesse. Un soutien psychologique peut en aider certaines à passer le cap et à se projeter le plus sereinement possible dans une nouvelle maternité.
À cet effet, elles peuvent bénéficier, avec leur partenaire le cas échéant, du dispositif Mon soutien Psy mis en place par l’Assurance maladie.