Actualités — 12 février 2013
Capital publie la carte de l’accès aux soins

Une médecine à plusieurs vitesses ? La question se pose régulièrement. Une enquête menée par Santéclair et publiée en janvier par le magazine Capital y répond en partie. Son objet : évaluer ville par ville, la disparité dans l’accès aux soins spécialisés (gynécologie, radiologie dentaire et ophtalmologie) en se basant sur les délais d’attente et les tarifs pratiqués. Sans surprise, les résultats de cette enquête montrent d’importantes différences tant sur le premier critère que sur le second.

Pour mener cette étude, Santéclair a joint au téléphone des centaines de professionnels de santé dont les coordonnées ont été extraites de la liste communiquée en ligne par l’Assurance maladie (www.ameli.fr).

Médecine à la carte : des inégalités inquiétantes

L’attente a été évaluée sur la base d’un barème allant de 1/10 pour un délai supérieur à 63 jours et de 10/10 quand il est inférieur à une semaine. La note finale est attribuée en pondérant ce résultat avec les tarifs moyens de consultation observés dans chaque ville (plus ils sont élevés, moins l’évaluation est bonne).

Le nombre de médecins a considérablement augmenté depuis 1990 (22 % de médecins en plus aujourd’hui), tandis que l’accroissement de la population n’était, lui, que de 9 %. Pour autant, dans certains secteurs, il n’a jamais été aussi difficile d’obtenir un rendez-vous chez un spécialiste.

Certaines disciplines sont, il faut dire, particulièrement sous-dotées en effectifs, du fait de numerus clausus assez sévères appliqués lors du choix de spécialisation des futurs praticiens. C’est le cas par exemple des ophtalmologistes. Nous vous parlions déjà du sujet dans un billet publié ici (lien). Ces difficultés croissantes pour certains usagers d’accéder facilement à un spécialiste s’explique également par la liberté d’installation dont jouissent les médecins, qui permet à chacun d’entre eux de choisir l’endroit où il va exercer une fois ses études achevées. Sans égard aucun pour les véritables besoins de la population.

C’est ainsi que certaines régions se voient totalement désertées par les médecins là où d’autres au contraire, les bassins de populations aux revenus élevés notamment, affichent une très forte densité de professionnels de santé. En Picardie par exemple, on compte moins de 270 médecins pour 100.000 habitants, selon l’Insee, tandis qu’en région PACA, bien mieux servie, ce taux est d’environ 350.

Délais d’attente et additions parfois salés

Autre raison expliquant les disparités pointées dans cette enquête : la possibilité pour environ la moitié des spécialistes de pratiquer des dépassements d’honoraires. Conséquence, le coût de la consultation fait souvent la culbute. Comptez par exemple 70 euros pour une consultation gynécologique à Boulogne (base de remboursement sécu : 28 euros). Le scanner pré-implant dentaire est quant à lui facturé jusqu’à 200 euros à Paris, Angers et Melun, avec une pointe à 230 euros dans la ville de Mulhouse. Troyes affiche le tarif le moins élevé de France, 76 euros, soit près de la moitié de la moyenne nationale (146 euros).

Du côté des délais d’attente, le grand écart est également courant. Il vous faudra patienter six mois à Charleville-Mézières pour obtenir un rendez-vous chez un(e) gynécologue, tandis qu’à Ajaccio, on attend moins d’une semaine pour passer une consultation en radiologie dentaire. Mulhouse, une des villes les moins bien notées du palmarès de Capital, se distingue à nouveau avec 383 jours de délai pour parvenir à consulter un ophtalmo.

La « médecine pour tous » et aux mêmes conditions, ce n’est visiblement pas pour maintenant.

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