Prises de bec — 22 août 2013
Détournement de patients : la FSDL s’enfonce dans le délire

Le billet de Santéclair publié le 19 août en réaction aux fantasmes du président de la FSDL Patrick Solera, sur un hypothétique « détournement de clientèle » a provoqué de vives réactions et même de violentes insultes (que la décence nous empêche de publier) sur la page Facebook du syndicat de chirurgiens-dentistes.

 

Rappel des faits : le 14 août, Patrick Solera publie sur cette même page un courrier adressé par Santéclair à l’une de ses bénéficiaires (suite à l’envoi de son devis dentaire) l’informant que le tarif proposé dans le devis remis (1450 €, soit 725 € par couronne CCM sur métal non précieux, pour un reste à charge de 482,50 €) par son dentiste pourrait être inférieur (de plus de 300 €) si elle privilégiait les partenaires de notre réseau dentaire.

Pour la FSDL, l’idée qu’on puisse apporter cette information au patient est insupportable et relève du « détournement de clientèle ». Autrement dit, les chirurgiens dentistes pourraient donc fixer librement leurs tarifs sur les soins prothétiques mais les patients ne seraient pas libres de faire jouer la concurrence. « Et puis quoi encore ? », écrivions nous dans notre billet.

Les tarifs un élément subjectif ?

A l’appui de son argumentaire, Patrick Solera, dont on attend toujours qu’il dénonce ou au moins supprime les propos honteux tenus à l’endroit de Santéclair sur la page qu’il anime, souligne le point 3 de la charte de bonnes pratiques que l’Union nationale des organismes d’Assurance maladie complémentaire (UNOCAM) a récemment signée avec la CNSD, le syndicat majoritaire des chirurgiens dentistes, concurrent de la FSDL.

Selon cette charte, que la FSDL n’a eu de cesse de fustiger, les organismes complémentaires s’engagent à ne « formuler des commentaires sur les honoraires du chirurgien-dentiste traitant qu’à partir d’éléments significatifs qui peuvent être objectivés ». C’est exactement ce que Santéclair a fait : souligner le coût élevé d’un soin (un élément significatif) sur la base d’un devis remis par le patient dont les montants ont été comparés avec ceux du marché (des éléments on ne peut plus objectifs).

La FSDL ne l’entend pas de cette oreille et estime que les honoraires facturés aux patients constituent au contraire un critère « subjectif » car ils « peuvent varier d’un cabinet à l’autre selon plusieurs paramètres ». Les honoraires facturés par les praticiens, un élément subjectif ? Vaste blague. Ce qui compte pour le patient, c’est évidemment la somme qui sort de son portemonnaie. La variabilité des paramètres auxquels Patrick Solera fait référence relève de la responsabilité des dentistes dont on attend, c’est la moindre des choses, des soins de qualité.

L’information du patient est un droit

Rappelons par ailleurs que Santéclair n’est pas un assureur santé. Nos bénéficiaires ne nous contactent pas uniquement pour connaître leur remboursement mais aussi pour obtenir des avis sur les tarifs qui leur sont proposés et limiter leur reste à charge. Santéclair est donc bien dans son rôle en proposant à cette assurée de l’informer sur la possibilité d’obtenir des soins à moindre coûts.

Fort de cette information, le patient est ensuite tout à fait libre de son choix. Patrick Solera sera peut-être heureux d’apprendre qu’en l’occurrence l’assurée dont il est question a préféré privilégier le praticien dont le devis a été publié. Un choix que respecte évidemment Santéclair qui se félicite que dans cette affaire la concurrence ait pu s’exercer.

Après avoir vitupéré sans relâche sur cette charte qu’il a refusé de signer, Patrick Solera tente maladroitement de l’instrumentaliser. Il serait mieux inspiré de dénoncer les véritables entorses à la charte, celles-ci bien réelles, que les professionnels pratiquent en masse au détriment des complémentaires et de leurs adhérents.

Silence de la FSDL sur les arrangements de facture

Santéclair l’invite ainsi à se pencher sur le point 2 des engagements auxquels sont soumis les chirurgiens-dentistes qui ne peuvent « demander à leurs patients le niveau de leur garantie pour fixer leurs honoraires ».

Or depuis que la charte a été signée, les devis que reçoit Santéclair montrent sans équivoque que les professionnels n’ont aucune intention de respecter cet engagement. Un exemple parmi d’autres : celui de ce devis rédigé le 5 août par un professionnel qui a savamment ventilé ses honoraires au point de facturer l’Inlay Core 514,71 € (contre… 451,50 € la couronne !).

Résultat des courses un reste à charge nul pour le patient et un taux d’utilisation de la garantie de 100 %. Un résultat que le chirurgien-dentiste n’est évidemment parvenu à obtenir qu’après avoir consulté le contrat de son patient. Il lui a ensuite suffit d’adapter le coût de ses soins. Des devis de ce type, Santéclair en reçoit à la pelle chaque jour. Des chirurgiens qui facturent à la tête de la garantie… Subjectivité quand tu nous tiens. Mais que fait la FSDL ?

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Commentaires (2)

  1. Et si les dentistes faisaient la même chose, c’est à dire comparer les tarifs et les remboursements des mutuelles et indiquer au patient qu’il pourrait avoir mieux que Santéclair pour le même prix… Que diriez vous?

    • Une enquête journalistique sur la qualité des services proposés par les plateformes serait plus appropriée. Santéclair en serait ravi. M’enfin, si les dentistes veulent s’essayer à l’exercice, libre à eux.