Prises de bec — 19 août 2013
Détournement de patients : le délire estival de la FSDL

Patrick Solera, président de la Fédération des syndicats dentaires libéraux (FSDL) n’est pas content. Mais alors pas du tout. Sur Facebook, il a récemment exprimé son mécontentement relatif à un courrier adressé par Santéclair à l’un de ses bénéficiaires.

Objet de cette missive : informer le patient que le montant annoncé dans le devis de son chirurgien dentiste pourrait être diminué de plusieurs centaines d’euros chez un professionnel partenaire de Santéclair.

Pour Patrick Solera, le courrier en question constitue une violation évidente de la charte de bonnes pratiques signée en août par l’Union nationale des organismes d’Assurance maladie complémentaire (UNOCAM) et la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD), un organisme représentatif de la profession concurrent de la FSDL.

Un engagement invoqué qui n’existe pas

« Il n’a pas fallu attendre plus de 2 semaines pour voir cette Charte être piétinée par nos meilleurs amis. Pour ceux qui pensaient que la CNSD avaient résolu le problème du détournement de patients des plates formes type Santé Clair (sic) avec la signature de la charte de bonnes pratiques, il va falloir s’y résoudre, celle ci n’engagera comme prévu que les chirurgiens dentistes ».

Santéclair invite Patrick Solera à s’acheter des lunettes (on a d’ailleurs quelques adresses d’opticiens à lui fournir s’il le souhaite) et à relire attentivement cette charte. Il pourra ainsi s’apercevoir qu’en aucun cas ce document engage les complémentaires à ne pas informer leurs adhérents qui le demandent des tarifs moins chers pratiqués au sein de leur réseau.

« Encore une fois, clame façon chevalier blanc Patrick Solera, la FSDL va devoir prévenir le Directeur de l’UNOCAM et la Présidente de la CNSD que la Charte à peine signée début août vient juste d’être violée par les mêmes acteurs qui depuis des années prennent les chirurgiens dentistes pour des garagistes et détournent dans la plus totale indifférence nos patients vers les confrères qui ont osé signer un partenariat avec ces assureurs reniant tous les principes du libre choix du praticien par nos patients ».

Tarifs libres mais concurrence interdite

Pour la FSDL, la mise en concurrence et l’aide à la recherche de prix moins élevés revient à un détournement de clientèle. Rien de moins. Comme si on n’avait pas le droit de quitter un praticien pour un autre dont les tarifs sont plus avantageux. Les chirurgiens dentistes pourraient donc fixer librement leurs tarifs sur les soins prothétiques mais les patients ne seraient pas libres de faire jouer la concurrence. Et puis quoi encore ?

Rappelons en effet à toutes fins utiles, que le courrier auquel fait référence Patrick Solera, grand défenseur de l’intérêt des patients, a été adressé à notre bénéficiaire en réponse à sa demande. Près de 500 euros de reste à charge, l’insolent trouvait ça un peu élevé. Le tort de Santéclair ? L’avoir informé qu’en consultant un dentiste situé non loin du praticien lui ayant remis son devis, il pourrait envisager plus de 300 euros d’économies.

On attend en tout cas avec impatience de voir comment l’Unocam et la CNSD réagiront aux récriminations de la FSDL qui se plaint du viol d’une disposition n’existant pas. En plus de l’achat d’une nouvelle paire de lunettes, on conseille vivement à Patrick Solera de prendre un peu de vacances.

 

 

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santeclair

Commentaires (4)

  1. Juste une remarque…
    Point 3 des engagements de l’UNOCAM dans la Charte de bonnes pratiques qui engagent toutes les composantes de l’UNOCAM (mutuelles, assurances et instituts de prévoyance)
    http://www.cnsd.fr/images/PDF/ext/avenantprotocole/Charte_de_bonnes_pratiques__chirurgiens-dentistes_signee.pdf
    Si l’adhérent demande le montant de son reste à charge en envoyant un devis à sa complémentaire santé ( dans l’exemple cité) , à aucun moment il n’a demandé les coordonnées d’un praticien partenaire et de ce fait il est désormais contraire aux bonnes pratiques éditées dans cette charte de lui indiquer d’aller voir un autre praticien pour diminuer son reste à charge.
    Cela s’appelle du détournement de « patientèle » basée sur des critères subjectifs, en l’occurrence les honoraires des chirurgiens dentistes qui peuvent varier d’un cabinet à un autre selon plusieurs paramètres ( nombre de séances, présence ou pas d’une assistante au fauteuil, qualité des matériaux, origine de la prothèse etc…)

  2. point 3 des engagements de l’UNOCAM dans la Charte de bonnes pratiques qui engagent toutes les composantes de l’UNOCAM (mutuelles, assurances et instituts de prévoyance)
    http://www.cnsd.fr/images/PDF/ext/avenantprotocole/Charte_de_bonnes_pratiques__chirurgiens-dentistes_signee.pdf
    Si l’adhérent demande le montant de son reste à charge en envoyant un devis à sa complémentaire santé ( dans l’exemple cité) , à aucun moment il n’a demandé les coordonnées d’un praticien partenaire et de ce fait il est désormais contraire aux bonnes pratiques éditées dans cette charte de lui indiquer d’aller voir un autre praticien pour diminuer son reste à charge.
    Cela s’appelle du détournement de « patientèle » basée sur des critères subjectifs, en l’occurrence les honoraires des chirurgiens dentistes qui peuvent varier d’un cabinet à un autre selon plusieurs paramètres ( nombre de séances, présence ou pas d’une assistante au fauteuil, qualité des matériaux, origine de la prothèse etc…)
    ps: pour mes vacances, je vous remercie de vous en inquiéter, elles ont été excellentes. Et je n’ai pas besoin de lunettes, je lis très bien.
    Patrick SOLERA Président de la FSDL