Hygiène à l’hôpital : encore une bonne marge de progression

Une étude publiée récemment, menée grâce à un dispositif connecté  montre que certains soignants semblent peu adeptes des règles élémentaires d’hygiène lors de leurs interventions sur les patients. Espérons que les lignes bougent rapidement sur le sujet.

Moins d’un quart des personnels soignants à l’hôpital se lavent les mains avant d’intervenir auprès des patients. Tel est le principal enseignement d’une étude menée à l’hôpital Nord de Marseille, l’un des établissements de l’Assistance publique de la Cité phocéenne.

« Dans la vraie vie nous sommes à 20 %, alors même que nous sommes un des services qui consommons le plus de solutés hydroalcooliques… ce qui signifie que cet indicateur n’est pas pertinent », explique dans les colonnes du Figaro, Philippe Brouqui chef du service des maladies infectieuses où  cette étude a été conduite.

Des indicateurs de qualité peu fiables

De fait, sur le site de la Haute autorité de santé qui répertorie pour chaque établissement différents indicateurs de qualité, l’hôpital nord se voit attribuer une excellente évaluation pour l’hygiène des mains (directement corrélé à la consommation de solution hydroalcoolique).

Idem pour l’indicateur évaluant « l’organisation de la lutte contre les infections nosocomiales dans l’établissement, les moyens mobilisés et les actions mises en œuvre ». Un constat en complet décalage avec les pratiques mises en évidence dans cette étude.

La santé connectée au service de la qualité

Au-delà de ses résultats, c’est aussi la méthodologie mise en œuvre afin de les obtenir qui retient l’attention. Pour évaluer avec précision les habitudes du personnel soignant, les auteurs de l’étude ont équipé leurs chaussures d’une puce électronique émettant un signal capté par des antennes installées à différents endroits stratégiques.

Où précisément ? Au point de distribution de solution hydroalcoolique à l’extérieur de la chambre, à l’entrée de la chambre, au niveau du distributeur de solution dans la chambre et enfin à proximité du lit du patient.

Alerte aux mains non frictionnées

Fort des résultats obtenus, l’équipe du Professeur Brouqui a mis en place un système d’alerte par SMS qui informe les soignants à intervalles réguliers de leurs pratiques personnelles en matière d’hygiène. Prochaine étape : le déclenchement d’une alarme à chaque fois qu’un soignant s’approchera du patient sans s’être au préalable frictionné les mains. On ne plaisante pas avec l’hygiène dans le service du Professeur Brouqui !

« Reste à savoir si cette mesure concernera tout le personnel et tous les actes, temporise Le Figaro ajoutant pour qui douterait encore de l’importance de promouvoir l’hygiène dans les établissements de santé notamment, qu’en France un patient sur vingt est atteint d’une affection nosocomiale [à l’hôpital], soit plus de 15 000 personnes, selon les données de l’Institut de veille sanitaire. Un pourcentage qui n’a pas diminué entre 2006 et 2012 ». Et si les soignants commençaient par se laver les mains ?

 

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santeclair

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