Chères dépenses de santé — 3 juillet 2012
Variations sur les dépassements d’honoraires

Les Français ne sont pas tous égaux face aux dépassements d’honoraires. On le savait, une étude publiée tout récemment par l’Agence régionale de santé (ARS) Bretagne et reprise dans les pages du quotidien Ouest-France (lire ici) le confirme chiffres à l’appui.

Sans surprise, c’est en Ile de France que les usagers se trouvent le plus fréquemment confrontés  à des tarifs supérieurs à ceux fixés par la Sécu. En 2009, ces dépassements représentaient près du quart des honoraires totaux des médecins exerçant en ville ou en clinique privée. Autrement dit, sur 100 euros d’honoraires encaissés par un médecin de la région parisienne, le montant moyen des dépassements d’honoraires s’élève à 25 euros. La région Rhône-Alpes où les dépassements comptent pour 15,4% des honoraires médicaux arrive deuxième au classement révélé par l’ARS Bretagne, suivie par l’Alsace (12,9%) et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (10%).

La Bretagne bonne élève

Ce taux est de 11% sur l’ensemble de la France et de 3,1% en Bretagne, la région semble-t-il la plus vertueuse en matière de tarifs médicaux se félicite l’ARS. Principale explication de ce constat : le nombre relativement peu important de médecins de la région autorisés à fixer leurs tarifs avec pour seule contrainte, celle du « tact et de la mesure » (secteur 2).

Sur l’ensemble des généralistes et des spécialistes bretons, moins de 10% est installé en secteur à honoraires libres contre 46,2% en Ile de France et 24,9% au niveau national. Une différence importante qui trouve inévitablement sa traduction dans le volume de dépassements facturés aux patients.

Heureux, les bretons ? Pas si vite… Car si en moyenne, les dépassements semblent modérés au pays du beurre salé, certains médecins peuvent parfois avoir la main lourde, prévient Ouest-France, citant l’exemple d’une clinique privée bretonne où  la pose d’un anneau gastrique peut laisser à la charge du patient plus de… 2 000 €. En Bretagne comme ailleurs, mieux vaut donc, avant de consulter, se rendre sur le site web de l’Assurance maladie (www.ameli.fr, à la Rubrique Ameli-direct) qui publie les tarifs de l’ensemble des généralistes et des spécialistes. Attention toutefois, indique Ouest-France, cette base de données n’est pas toujours complète.

A l’hôpital aussi

Quant aux dépassements d’honoraires facturés à l’hôpital par les médecins exerçant une activité libérale, épinglés récemment par la Revue « 60 millions de consommateurs » avec la complicité de Santéclair (lire le papier publié sur notre blog à cette occasion), ils sont là encore beaucoup plus élevés à Paris, Lyon, Marseille ou encore Nice qu’ailleurs en France. En Bretagne, l’étude de l’ARS indique que sur 194 praticiens autorisés à pratiquer une activité privée à l’hôpital, 34 seulement sont installés en secteur 2, soit un ratio de 17,5%. A titre de comparaison, ce taux s’élève à 80% en Ile de France (98% à Paris intra-muros !), 53% en Rhône-Alpes, 49% en Alsace et en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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