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Courtiers : financer la prévention en entreprise, quels sont les leviers pour vos clients ?

" Prévenir plutôt que guérir, anticiper plutôt que subir ". Les entreprises sont désormais bien informées des risques de laisser la santé de leurs salariés au second plan: les maladies chroniques et l’absentéisme. Mais entre l'intention et la mise en œuvre efficace, le fossé reste souvent important. Les entreprises investissent, organisent des actions, mobilisent leurs équipes, mais les résultats ne se matérialisent pas toujours. Pourquoi ? Parce que financer la prévention ne suffit pas: encore faut-il savoir quoi financer, comment le faire, et comment en démontrer l'impact. Un rôle que les courtiers en assurance santé peuvent prendre en charge.

financer prévention

La prévention santé, un sujet qui dépasse le cadre RH

 

Selon une étude Toluna Harris Interactive réalisée pour Santéclair en 2026*, environ 8 personnes sur 10 estiment que ces actions ont des résultats favorables :

  • La prévention
  • Le dépistage des maladies chroniques  
  • Les actions d'accompagnement vers des comportements favorables à la santé

Un signal fort qui traduit une attente sociétale profonde, à laquelle les complémentaires santé ont vocation à répondre.

Pour les entreprises, la réalité est tout aussi prégnante. Hausse des arrêts de travail (1), montée des risques psychosociaux (2), difficultés à fidéliser les talents dans un marché de l'emploi sous tension (3) : les signaux d'alarme se multiplient.  

Il serait cependant réducteur d'attribuer ces phénomènes uniquement à des facteurs de santé individuels. Le contexte de l'entreprise joue un rôle déterminant, que ce soient les restructurations, les changements organisationnels, ou les incertitudes économiques. Et toute stratégie de prévention santé sérieuse doit en tenir compte.

Ce que l'on observe néanmoins, c'est un changement de paradigme. L'approche purement curative montre ses limites. Le soin de réparation ne suffit plus. Une logique de care, d'attention portée à la santé globale des collaborateurs en amont, vient aujourd'hui compléter le cure. Et dans cette équation, vous, courtiers, avez un rôle central à jouer : non plus seulement comme distributeurs de contrats, mais comme créateurs d'une stratégie de santé à forte valeur ajoutée.

 

Les actions de prévention santé : un impact qui reste difficile à démontrer

 

Selon le Baromètre BDO et OpinionWay en 2025, 61 % des entreprises estiment faire de la prévention.  Alors que 38 % des salariés ont la même impression.

Quand elle existe, citons notamment :

  • Les campagnes de sensibilisation à l'occasion d'Octobre Rose ou du Movember, Les semaines de QVCT (qualité de vie et conditions de travail)
  • Les ateliers de gestion du stress
  • Les conférences ponctuelles sur le sommeil ou la nutrition, challenges sportifs internes…  

Ces initiatives témoignent d'un engagement sincère et sont importantes.

Pourtant, elles partagent souvent les mêmes failles structurelles :

  • Elles restent parfois génériques, sans lien direct avec les risques réels identifiés dans l’entreprise, qu'il s'agisse de troubles musculosquelettiques (TMS) dans un secteur industriel ou de surcharge cognitive dans un environnement très digitalisé.
  • Elles sont ponctuelles, sans continuité ni accompagnement dans la durée, ce qui limite leur effet sur les comportements.
  • Elles ne sont pas toujours mesurées, ce qui rend impossible toute justification budgétaire auprès des directions financières.
  • Leur retour sur investissement est difficile à établir, tant sur l'absentéisme que sur l'engagement réel des équipes.

Le résultat est paradoxal : des budgets prévention sont consommés chaque année, les équipes RH ont le sentiment de remplir leur rôle, mais, sans indicateurs robustes et suivis dans la durée, il est difficile de faire apparaître des chiffres clairs.

En tant que courtier, vous pouvez aider vos clients à passer d'une prévention symbolique à une prévention construite, ciblée, financée de manière optimale, et mesurable dans le temps.  

 

Le fonds HDS : un levier de financement méconnu et sous-utilisé

 

Parmi les ressources disponibles pour financer des actions de prévention, le fonds à haut degré de solidarité (HDS) est sans doute le plus sous-exploité. Or, il représente un levier important. Sans oublier qu’il est peut-être déjà inscrit dans les contrats de vos clients, sans qu'ils en aient connaissance.

Le principe est le suivant : dans le cadre d'un contrat collectif, les assureurs ont l'obligation, selon la convention collective applicable à l'entreprise, d'affecter une part des cotisations, au moins 2 %, à des actions à haut degré de solidarité. En deçà de ce seuil, le contrat ne peut pas être qualifié de HDS.  

Ces fonds ont vocation à financer des prestations non directement contributives, comme des actions de prévention, d'accompagnement ou d'assistance bénéficiant à l'ensemble des salariés, et non à une catégorie d'entre eux seulement.

Pour être éligible au financement HDS, une action doit avoir un caractère universel au sein de l'entreprise. Un atelier réservé aux managers ou un programme réservé aux salariés d'un seul site ne sera pas recevable. La prévention financée dans ce cadre doit bénéficier à tous.

Selon la branche professionnelle, d'autres fonds existent en complément : fonds sociaux d'entreprise, fonds paritaires de branche ou encore dispositifs inter-entreprises. Votre connaissance de ces mécanismes est un avantage compétitif réel face à des interlocuteurs RH qui, la plupart du temps, ignorent l'existence de ces ressources.

Par ailleurs, si la commission paritaire de branche refuse une prestation en cours d'année, l'entreprise a la possibilité de solliciter à nouveau le fonds HDS en fin d'exercice, notamment lorsque les sommes accumulées n'ont pas été consommées. Une opportunité à ne pas négliger et à signaler à vos clients.

 

D’autres sources de financement à activer

 

Le fonds HDS n'est pas le seul outil disponible. D'autres dispositifs publics, moins connus des acteurs privés, peuvent venir compléter le financement d'actions de prévention.

  • L'Assurance Maladie propose des subventions dédiées à la prévention des risques ergonomiques pour les entreprises de moins de 50 salariés. Ces aides, accessibles via le portail Ameli, permettent de cofinancer du matériel adapté, une formation aux gestes et postures, la réorganisation des postes de travail, etc., dans des secteurs exposés. Une piste particulièrement pertinente pour vos clients TPE/PME dans des secteurs à forte pénibilité physique.
  • L'ANACT (Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail) et ses déclinaisons régionales (Aract) offrent quant à elles un accompagnement sur les questions de QVCT, avec des dispositifs d'appui aux diagnostics et à la mise en œuvre de plans d'action. Leur intervention peut crédibiliser et structurer une démarche que vous avez initiée avec votre client.

Par la combinaison de ces différentes sources, vous pouvez construire avec vos clients des plans de prévention ambitieux, sans nécessairement alourdir les cotisations du contrat collectif.

 

Prouver l'impact : la condition pour débloquer les budgets

 

Démontrer que cet investissement produit des effets mesurables, c'est ce qui permet de le pérenniser et de renforcer votre position de conseil auprès de vos clients.

Les DRH et les directions financières ont besoin de données :  

  • Indicateurs de prévention  
  • Changement du taux d’absentéisme
  • Réduction des arrêts longs
  • Amélioration du taux de recours aux soins
  • Résultats de l’enquête interne sur le bien-être perçu

Ils permettent d'objectiver l'efficacité des actions engagées et de justifier leur reconduction ou leur extension.

Au-delà du contrat, cet accompagnement vous permet en tant que courtier de faire la différence et de construire une relation de confiance pérenne avec vos clients.  

 

L’offre « Prévention santé collective » dédiée aux entreprises permet de prouver l’impact des actions de prévention grâce à une approche structurée sur le long terme.

Les évaluations sont intégrées dans des campagnes collectives pilotées dans la durée, ce qui permet d’observer l’évolution des indicateurs de santé au sein des équipes.  

Les résultats donnent lieu à une restitution anonymisée et agrégée, présentée sous forme de tableau de bord. Cet outil permet aux employeurs de :

  • Identifier les grandes tendances de santé de leurs salariés
  • Comparer les données dans le temps et observer les évolutions
  • Alimenter un plan d’action ciblé et argumenté pour améliorer la santé au travail

Les entreprises peuvent aussi bénéficier d’un accompagnement sur-mesure pour la mise en œuvre d’actions collectives de prévention, avec un suivi adapté à leur secteur et à leurs enjeux.

 

 

La prévention en santé c’est agir avant la maladie pour éviter qu’elle n’apparaisse, ou agir pendant la maladie, si possible au plus tôt, pour réduire ses conséquences et pour protéger la santé des individus et des populations : C’est un enjeu de santé publique…et un enjeu stratégique pour les entreprises !

Toutefois, faire de la prévention en santé en entreprise ne peut pas se limiter à mettre en place des actions ponctuelles et/ou isolées. Cela requiert une méthodologie rigoureuse pour, en premier lieu bien évaluer l’état initial de la population concernée (santé perçue physique et mentale, facteurs de risque en santé notamment). Cela revient à construire à partir d’un questionnaire validé scientifiquement, un baromètre de l’entreprise. Le plan d’actions tient compte de ce baromètre et adapte les actions, avec une intention de personnalisation à la population concernée. Et il convient enfin de mesurer l’impact de ces actions pour les ajuster, le cas échéant ou les pérenniser. Cette mesure d’impact combine des indicateurs RH (absentéisme par ex) et surtout la réalisation au bout d’un an d’un nouveau baromètre basé sur le même questionnaire qu’initialement pour mesurer, ajuster, agir et être in fine efficace.  C’est essentiel.  

Dr Sylvie Sacher Huvelin, Directrice médicale du LAB innovation, Santéclair

 

Conclusion 

 

La prévention en entreprise est à un tournant. Les attentes des DRH sont fortes, les ressources existent, mais elles restent  sous-mobilisées faute d'ingénierie et de conseil. Par la maîtrise des mécanismes de financement disponibles et en accompagnant vos clients à mettre en place des actions mesurables et universelles, vous devenez un partenaire stratégique de leur politique de santé. Soit le cœur de votre métier de courtier : un rôle de conseil et d’accompagnement au service de vos clients

 

* Étude Toluna Harris Interactive pour Santéclair – Enquête en ligne du 24 février au 3 mars 2026 auprès de 3 174 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.

1 https://www.ctip.asso.fr/chiffres-cles/les-arrets-de-travail-progresse-… 

2 https://www.franceinfo.fr/sante/psycho-bien-etre/sante-mentale-au-trava… 

3 https://www.francetravail.org/accueil/communiques/2025/besoins-en-main-…