Non catégorisé — 20 juillet 2016
Audioprothèse : l’autorité de la concurrence lance une consultation publique

Cela fait plusieurs mois que l’Autorité de la concurrence enquête sur le secteur de l’audioprothèse. Des consultations qu’elle a tenues avec les acteurs, elle a rédigé un rapport publié il y a quelques jours. Ses conclusions et les questions qu’il soulève sont l’objet d’une consultation publique ouverte jusqu’au 20 septembre.

 

L’Autorité de la concurrence a lancé le 19 juillet une enquête publique sur la régulation du secteur des audioprothèses dans le but de recueillir les positions des différents acteurs (fabricants, audioprothésistes, associations de consommateurs, associations de patients, syndicats professionnels, etc.) sur les pistes d’amélioration de la prise en charge de l’équipement auditif.

En pratique, cette consultation en ligne qui court jusqu’au 20 septembre, propose une cinquantaine de questions qui ont été concoctées à l’issue d’une première phase de recueil d’informations auprès de ces mêmes acteurs. « Les contributions reçues, indique l’autorité, permettront [d'utilement l’éclairer] dans son analyse en vue des  recommandations qu’elle fera dans son avis définitif en fin d’année ».

Un pré-rapport en attendant un avis définitif

Dans un pré-rapport rédigé après sa première phase de consultations, le gendarme de la concurrence rappelle que « le prix des audioprothèses qui comprend certes une part de prestations de services, n’en est pas moins multiplié par un coefficient de 3 à 4,5 sur le prix d’achat avant d’être proposé aux patients ».

Rappelons également le contexte… Plusieurs millions de Français sont atteints d’une déficience auditive. Sur les 3 millions de personnes appareillables, seulement 2 millions sont équipés. Et pour cause : le prix moyen d’un équipement pour une oreille atteint en moyenne 1500 €. Le reste à charge varie selon le contrat souscrit. Il est en moyenne de 1000 € par oreille sachant qu’en général les deux oreilles doivent être équipées.

Parmi les pistes que l’autorité évoque afin de démocratiser l’accès aux appareils auditifs, figurent plusieurs positions exprimées de longue date par Santéclair :

Vers un découplage du tarif de l’équipement et des prestations de suivi

« En obligeant le patient à un paiement prospectif du suivi, estiment les auteurs du rapport, le couplage accroît le coût immédiat de l’appareillage. Les patients les plus sensibles au prix risquent alors d’être exclus du marché ». En cas de découplage, quel serait le paiement adapté pour le suivi : à l’acte ou au forfait ? C’est l’une des questions à laquelle les acteurs du secteur sont invités à répondre.

Relever le numerus clausus dans la formation d’audioprothésistes

Vu de la lorgnette de Santéclair, ça tombe sous le sens. Le déficit de concurrence lié au manque d’audioprothésistes en France conduit à chèrement valoriser leurs prestations. Pour l’autorité, le salaire des professionnels (4500 € bruts par mois en moyenne), bien plus élevé que ceux des paramédicaux disposant d’un niveau de formation équivalent (opticiens, kinés, infirmiers), témoigne d’une tension sur le marché de l’emploi et tend à démontrer que le nombre d’audioprothésistes est de toute évidence insuffisant.

Là encore les réponses qui seront apportées dans le cadre de la consultation publique permettront à l’autorité d’obtenir une vision consolidée sur la question… et d’émettre des recommandations en conséquence.

Favoriser le développement des réseaux d’audioprothésistes partenaires

Les audioprothésistes que l’autorité a déjà entendus estiment que « les réseaux de soins ne peuvent offrir les niveaux de prix qu’ils pratiquent à l’égard de leurs adhérents ou ceux qu’ils sollicitent des professionnels affiliés, sans affecter la qualité des prestations associées ».

Nos détracteurs, le syndicat national des audioprothésistes (Unsaf) en tête, n’ont jamais été en mesure de fournir la moindre étude ou donnée statistique pour étayer leurs dires. A tel point que l’autorité « s’interroge sur la pertinence de ces critiques à l’égard des réseaux de soins actifs sur le secteur des audioprothèses ».

L’interrogation est d’autant plus légitime que les taux de satisfaction affichés par les plateformes (qui pour la plupart prennent soin d’effectuer cette mesure, on ne peut pas en dire autant de tous les acteurs) sont très élevés dans le secteur de l’audioprothèse notamment.

Des soins de meilleure qualité à prix maîtrisés

« Si la qualité des soins d’adaptation et de suivi était à ce point affectée par les pratiques tarifaires en cause, peut-on lire dans le rapport de l’autorité, il va de soi que les patients concernés (…) renonceraient à s’équiper auprès des audioprothésistes [partenaires de plateformes] et se retourneraient massivement vers les audioprothésistes non affiliés. Or, lors de l’instruction, même si quelques cas d’insatisfaction de patients adhérents d’un réseau de soins ont pu être signalés, l’Autorité n’a pas eu connaissance d’un abandon massif des réseaux des soins par les malentendants ».

L’Autorité rappelle qu’elle s’est « toujours montrée favorable aux réseaux de soins eu égard à leur capacité à animer la concurrence. Les effets bénéfiques des offres de ces réseaux sont en effet importants tant pour les professionnels de santé affiliés (afflux de clientèle, visibilité) que pour les patients adhérents (prix plus bas et meilleure prise en charge, restauration d’une certaine symétrie d’information en faveur du patient) ».

Les réponses aux questions soulevées par l’autorité sont à envoyer par courrier à l’adresse suivante : consultation.audioprothèses@autoriteconcurrence.fr

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