Actualités — 14 avril 2015
Santé connectée : le patient prend la main

Dans un éditorial adressé tout récemment aux salariés de Santéclair, sa directrice générale Marianne Binst revient sur les bouleversements que les outils numériques ont générés dans l’organisation des soins en permettant à l’utilisateur de devenir un véritable acteur de sa santé. Une prochaine vague de changement se dessine notamment autour du big data.

Notre système de santé est surtout organisé en fonction des professionnels de santé et des institutions de santé, de la maladie et non de la santé. On ne gère pas son capital santé mais des épisodes de soins. Les professionnels et les différentes institutions sont peu coordonnés entre eux. Les enveloppes financières sont étanches et mal maîtrisées. Le citoyen / patient / payeur / consommateur est souvent écarté des arbitrages. On lui demande de «faire confiance à son médecin», de se « laisser guider» sans réelle responsabilité médicale ou financière. Souvent les représentants médicaux parlent en son nom pour exprimer leur propre point de vue.

Dans ce type d’organisation, le numérique a du mal à trouver sa place car il remet profondément en cause la répartition des pouvoirs…et des enveloppes financières. Dans une première vague d’innovation, les outils numériques ont aidé à bâtir des soins mieux organisés autour du patient. Ils ont permis plus de travail en équipe au-delà des frontières de chaque métier ou de chaque établissement, l’intégration d’acteurs nouveaux moins strictement médicaux, la consultation 24H/24 en fonction des besoins des patients mais aussi le développement de l’évaluation et de la médecine centrée sur les preuves («evidence based medecine») plus que sur les intuitions des médecins.

Le patient informé devient décideur

Dans une deuxième vague, des outils connectés ont émergé pour aider le patient à devenir acteur de sa santé, des applications, des liens avec des groupes d’autres patients souffrant des mêmes maux, des outils d’aide à la nutrition ou de suivi de l’exercice physique, des autotests… Dans ce nouvel univers, le patient est informé et décideur, engagé dans le suivi de sa santé, connecté socialement et souvent incité financièrement.

Une troisième vague se dessine autour des sciences de la prévention qui utilisent des outils nouveaux encore en émergence comme le cloud pour partager les données, le « big data » pour détecter et cibler, les thérapies anticipées et personnalisées assises sur la connaissance du génome et des facteurs de risques de chacun. Ces nouveaux outils posent et poseront des questions d’éthique et de financement mais sont aussi porteurs d’espoir et de changements profonds de notre culture en matière de santé.

Déjà de nombreuses applications sur le terrain

Si beaucoup de ces développements se mettent en place massivement aujourd’hui dans d’autres pays, certains accompagnent déjà nos activités :

• Chez Santéclair par exemple, au travers de nos applications internet ou smartphone, ou lorsque nous permettons à nos clients d’évaluer les professionnels des réseaux ;

• Chez nos partenaires, lorsque les dentistes sont désormais capables de faire des prises d’empreintes virtuelles qui permettront sous peu la fabrication des prothèses par des imprimantes 3D ;

• En audioprothèse avec les capacités de réglage à distance des appareils ou d’autoréglage à venir ;

• En optique avec les ventes sur internet, les miroirs virtuels d’essai des montures, les outils numériques de traçabilité des verres, les outils de l’opticien pour communiquer avec le verrier à distance sur les prises de mesure ;

• Sans compter le domaine de l’ophtalmologie où les diagnostics et la chirurgie sont de plus en plus informatisés.

Des évolutions à suivre de près

Au-delà de nos domaines de prédilection, il existe aussi déjà nombre de sites de consultations médicales à distance, ou de vente en ligne des médicaments et des centaines d’applications ou de sites internet dans le secteur de la santé.

Si nous voulons rester innovant et continuer à apporter des services utiles à nos clients, il nous faut nous intéresser à ces évolutions et par fois les accompagner. Notre métier changera mais aussi s’enrichira car la plupar t de ces nouveaux outils s’adressent directement aux patients et correspondent à notre métier : aider le consommateur à faire des choix éclairés en santé.

Marianne Binst

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