Chères dépenses de santé — 11 avril 2012
Le Canard vole dans les plumes des opticiens

« La marge commerciale des opticiens s’élèverait, en moyenne, à plus de 60 %. Qui dit mieux, à part l’industrie du luxe ? », s’interroge le Canard enchaîné dans son édition du 11 avril.

Soucieux de conserver ces confortables marges, les pros de la lunette voient d’un très mauvais oeil l’arrivée sur le marché de sites de vente en ligne d’équipements optiques, a pu constater l’hebdomadaire. Par la voix d’Alain Gerbel notamment, président de la Fédération nationale des opticiens de France (Fnof), le principal syndicat professionnel, ils tentent par tous les moyens de mettre des bâtons dans les roues de ce nouveau mode de commercialisation. Quitte à prendre de petits arrangements avec la vérité et distribuer au passage, quelques coups en dessous de la ceinture.

Déni de concurrence

Motif : les promoteurs de la vente en ligne proposent des prix souvent largement inférieurs à ceux du marché et menacent sérieusement le business des opticiens ayant pignon sur rue, peu enclins à partager un gâteau estimé à 5,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. « La vente sur Internet est interdite ! », clame ainsi Alain Gerbel qui s’étrangle dans les colonnes du Canard de cette concurrence déloyale. Faux lui rétorque, avec raison, le volatil puisque « depuis 2008, La Commission de Bruxelles a mis le holà à la prohibition du commerce de lunettes correctrices sur la Toile ».

Autre « argument » massue développé par La Fnof et ses alliés : l’achat de lunettes en ligne serait susceptible d’exposer l’internaute à de graves risques pour la santé pouvant dans les cas les plus malheureux mener à la cécité. Une affirmation assénée sans la moindre preuve scientifique à l’appui. Peu importe, la Fnof vous aura prévenus…

En coulisses, les acteurs de l’optique s’organisent pour rendre la vie dure aux promoteurs de la vente de lunettes en ligne, nous apprend par ailleurs Le Canard. Exemple avec Essilor, premier verrier mondial, qui « sous prétexte de santé visuelle des Français, refuse de fournir les sites Internet ». Et l’auteur de s’interroger : « Une entente objective pour préserver des rentes de situation ? » Poser la question, c’est un peu y répondre…

 

 

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santeclair

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