Actualités — 11 juin 2012
Les génériques, c’est toujours pas automatique

Les médecins auraient-ils une dent contre les génériques ? Ces médicaments copies plus ou moins exactes de l’original (le princeps) ne nécessitent pas de frais de recherche et développement et coûtent par conséquent beaucoup moins cher à produire. Ils présentent pour l’Assurance maladie un puissant levier d’économies.

Depuis la fin des années 1990, celle-ci pousse à la roue pour que les génériques soient prescrits ou en tout cas délivrés à chaque fois que c’est possible (tous les médicaments ne dispose pas d’un équivalent qui peut leur être substitué). Fin 2010, le taux de substitution a atteint près de 80 % selon l’Assurance maladie pour une économie d’1,4 milliard d’euros l’année suivante.

Economies en berne

Problème : depuis, ce taux ne cesse de s’éroder. En avril 2012, il était seulement de 72 %. En cause, selon le Gemme, l’organisme représentant les fabricants de médicaments génériques, l’utilisation massive par les prescripteurs de la mention « non substituable » (NS) sur les ordonnances de princeps. Une mention qui interdit au pharmacien de remplacer l’original par la copie. Une étude commandée récemment par le Gemme indique ainsi que 22% des prescriptions de princeps afficherait une mention NS. Un chiffre qui évidemment doit être pris avec prudence tant l’organisme qui a commandé l’étude est juge et partie sur le sujet.

Dans la foulée, l’Assurance maladie publiait une seconde étude maison concluant quant à elle, à un taux de mention NS, beaucoup plus bas à quelque 5%. Interrogé sur cette différence, Frédéric Van Roekeghem, le directeur de l’Assurance maladie a pointé le peu de représentativité de la méthodologie employée par le Gemme. Une chose est certaine, le recours à cette mention va grandissant, estime-t-on à l’Assurance maladie pour qui « si globalement la pratique du NS (sic) apparaît comme peu fréquente, des marges de progrès existent pour réduire l’utilisation de cette mention aux seuls cas appropriés (raisons particulières tenant exclusivement au patient) ».

Génériques aussi efficaces

Et pour ceux qui douteraient encore de l’efficacité des génériques – qui suscitent la méfiance chez nombre d’assurés et la défiance chez nombre de médecins –, l’Assurance maladie a mené une étude inédite comparant l’efficacité clinique d’un princeps avec celle d’un de ses génériques. L’étude porte sur quelque 100 000 personnes traitées par Simvastatine un anti-cholestérol largement prescrit en prévention d’événements cardiovasculaires graves. Ses auteurs se sont penchés sur le taux de survenue de décès, d’infarctus et d’AVC observés avec les deux traitements.

Résultat des courses : princeps et génériques présentent exactement la même efficacité. Le résultat n’étonnera personne mais sonne comme un ultime avertissement aux médecins qui auraient encore tendance à bloquer la substitution de génériques sans justification en « oubliant » les économies que ces médicaments permettent d’engendrer.

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