Actualités — 31 mai 2012
Pharmacie : l’enquête de Que-Choisir fait bouger les lignes

Un sondage mené récemment montre que les pharmaciens ont mal vécu la publication de l’enquête de Que-choisir sur la qualité de délivrance. Elle devrait toutefois participer à améliorer les pratiques.

Nous vous en parlions peu de temps après sa publication, l’enquête de Que-choisir sur la qualité de délivrance des médicaments en pharmacie (voir notre article) a provoqué un vif émoi au sein de la profession.

Selon un sondage réalisé par l’Institut Occurrence Healthcare du 10 avril au 3 mai auprès 400 titulaires d’officine (échantillon national représentatif), 85 % des professionnels interrogés ont entendu parler de l’enquête de Que-Choisir. Autant dire, qu’elle n’est pas passée inaperçue. Et qu’elle reste un poil en travers de la gorge des pharmaciens qui sont plus de 93% à estimer qu’elle n’est pas objective. Les plus méfiants vont même jusqu’à soupçonner que cette enquête a pu être commanditée par les grandes surfaces, Leclerc en particulier. Un soupçon que l’on balaye évidemment du revers de la main à la rédaction du mensuel consumériste.

On ne s’étonnera pas non plus que la quasi-totalité des pharmaciens interrogés craignent les répercussions négatives des visites en officine de Que-Choisir sur l’image de leur profession. Autre crainte, que celles-ci incitent les pouvoirs publics à remettre en cause le monopole des pharmaciens sur le marché de l’automédication.

Une enquête aux effets bénéfiques

« Cette enquête n’a toutefois pas que des effets négatifs, concluent les auteurs du sondage puisque les professionnels de l’officine interrogés sont 84 % à reconnaître qu’elle les incitera à redoubler de vigilance en matière de conseils au comptoir ». C’est bien là le principal…

Les officines sont régulièrement « challengées » par les médias sur ce thème. En 2009, Que-Choisir, déjà et 60 millions de consommateurs avaient ainsi montré un manque de sérieux inquiétant de la part de certains professionnels. L’enquête de Que-Choisir publiée dans son numéro d’avril a confirmé ce constat avec près de la moitié des professionnels de santé pris en défaut lors des visites façon « client mystère » de l’UFC.

Chaque enquêteur avait pour consigne de se présenter en prétendant souffrir d’un rhume avec le souhait de se procurer une boîte d’aspirine et une autre de Rhinureflex (ibuprofène). Deux médicaments de la famille des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui présentent un risque hémorragique avéré et qui par conséquent ne doivent en aucun cas être consommés en même temps.

Mauvaise délivrance dans un cas sur deux

Pour autant, 48 % des pharmaciens n’ont pas alerté spontanément les enquêteurs de l’UFC sur le risque de cette interaction. Pis, près de 4 professionnels sur 10 n’ont montré aucune réaction lorsque le client mystère leur a tendu la perche sur un éventuel risque. La marche à tenir devant une telle demande n’est pourtant pas très compliquée. Il suffit pour le pharmacien de substituer à la place de l’aspirine du paracétamol qui peut être pris en alternance avec l’ibuprofène. Un quart seulement des pharmaciens de l’échantillon a proposé cette option à l’enquêteur. « Certains moins nombreux, ont malheureusement suggéré un autre AINS, le Rhinadvil », déplore l’UFC. Faute encore, mais promis juré, c’est la dernière fois que l’on prend les pharmaciens à ce petit jeu.

 

 

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