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Arthrose du genou (gonarthrose) : causes, symptômes et traitements

Vous ressentez une douleur mécanique au niveau d’un ou des deux genoux et, à certains moments, celle-ci est plus intense, accompagnée d’un gonflement, d’une raideur articulaire voire d’une déformation ? Peut-être souffrez-vous d’arthrose du genou, une maladie rhumatismale et, dans bien des cas, invalidante au quotidien. Diverses options de traitement permettent non pas d’en guérir mais d’en ralentir l’évolution inéluctable. 

 

Au sommaire

Qu’est-ce que l’arthrose du genou ?

Quels sont les symptômes de l'arthrose du genou

Comment reconnaître un gonflement du genou lié à l’arthrose ?

Les mouvements à éviter en cas d’arthrose du genou

Quelles sont les différentes options de traitement ?

L’embolisation, un nouveau traitement mini-invasif 

arthrose-du-genoux

Qu’est-ce que l’arthrose du genou ?

L’arthrose du genou ou gonarthrose est une usure progressive et une destruction du cartilage articulaire du genou, soit entre le fémur, le tibia et la rotule, suivie d’une atteinte des différentes structures de l’articulation. Elle peut toucher un genou ou les deux, en même temps ou de façon décalée.

Dans près de la moitié des cas, elle se localise entre le fémur et la rotule (articulation fémoropatellaire) ou entre le fémur et le tibia (articulation fémorotibiale), voire aux deux niveaux dans 15 à 20% des cas. 

Cette maladie chronique évolue toujours par cycles avec :

  • des phases chroniques, lors desquelles la gêne quotidienne est variable et la douleur modérée
  • des phases douloureuses aiguës de plusieurs semaines ou poussées congestives de l'articulation, accompagnées d’une inflammation de l'articulation.

L’évolution de la maladie se fait par poussées et est très très variable. Bien qu’elle puisse progresser lentement, sans entraîner de handicap majeur, il s’agit souvent d’une maladie invalidante, les genoux étant parmi les “grosses” articulations portant le poids du corps.

Trois fois plus fréquente que l’arthrose de hanche, l’arthrose du genou concerne avant tout les personnes âgées (65% des plus de 65 ans et 80% des 80 ans et plus). Cependant, les personnes plus jeunes, dès l’âge de 40 ans voire avant, peuvent aussi être concernées par cette pathologie en raison notamment d’un excès de pression sur les articulations.

 

Quelles sont les principales causes de l’arthrose du genou ?

La plupart du temps, l’arthrose du genou n’a pas de cause évidente.

  • Elle peut être due à une maladie initiale du cartilage à caractère héréditaire. On parle alors d’arthrose primitive favorisée par plusieurs facteurs de risque comme :

    • le vieillissement
    • l’excès de pression sur les articulations en lien avec le travail (position accroupie ou à genou comme carreleur par exemple, port fréquent de charges lourdes…), la pratique sportive intensive, le surpoids et l’obésité
    • la sédentarité, les cartilages n’étant pas stimulés mécaniquement
    • les désordres métaboliques responsables de réactions inflammatoires (générés par le diabète, l’obésité, l’hypertension artérielle…)
    • le sexe et le statut hormonal. Les femmes, surtout après la ménopause, sont plus touchées que les hommes
    • les antécédents familiaux d'arthrose.
  • L’arthrose du genou peut également être “secondaire”, due à des anomalies du genou (lésion du ménisque opérée, entorse grave avec rupture du ligament croisé antérieur…) ou de la jambe (jambes déviées vers l’intérieur ou vers l’extérieur), ou encore à des maladies métaboliques et inflammatoires.

 

Quels sont les symptômes de l'arthrose du genou

La douleur du genou (gonalgie) est le premier symptôme de l’arthrose du genou. 

Le plus souvent, cette douleur mécanique, localisée au niveau de l’articulation, apparaît ou s’aggrave à la marche, au piétinement, au port de lourdes charges... Il s’agit d’une douleur discontinue soulagée par le repos, pouvant aussi varier sensiblement selon l’articulation touchée (ou les deux). Reste qu’au décours d’épisodes inflammatoires celle-ci peut fortement s’intensifier notamment au petit matin, voire en deuxième partie de nuit. 

Lors de ces poussées congestives, d’autres symptômes accompagnent cette douleur comme le gonflement du genou, dû à un épanchement du liquide présent dans l’articulation , et la raideur articulaire. 

Un blocage ou un accrochage de la rotule, un dérobement de la jambe, ou encore un craquement du genou lors de la marche sont encore parmi les signes d’une arthrose du genou évoluée.

Comment reconnaître un gonflement du genou lié à l’arthrose ?

Un genou peut être gonflé après une opération chirurgicale, un accident ou une entorse. S’il gonfle en fin de journée sans traumatisme préalable, l’arthrose peut en être la cause. Il s’agit en effet probablement d’un épanchement de synovie, le liquide sécrété par les cellules qui tapissent l’articulation.

Ce gonflement anormal de la poche entourant le genou est le signe d’une souffrance. Dès lors, il est préférable de consulter sans tarder son médecin traitant d’autant plus si d’autres symptômes (douleurs persistantes ou qui s’intensifient, gêne dans l’activité professionnelle, troubles de la marche, à la montée/descente des escaliers, à l’agenouillement, déformations) y sont associés.

 

Quels mouvements faut-il éviter en cas d’arthrose du genou ?

Les douleurs chroniques d’un genou ou des deux impliquent de le/les ménager. 

En de telles circonstances, mieux vaut ainsi éviter de :

  • rester trop longtemps debout immobile afin de ne pas trop solliciter l’articulation arthrosique
  • porter des charges lourdes
  • monter/descendre les escaliers quand vous avez mal
  • porter des chaussures inconfortables/avec talons
  • pratiquer les sports qui sollicitent les genoux (vélo, ski…)
     

Quelles sont les différentes options de traitement ?

Plusieurs options de traitement validées scientifiquement existent. Elles permettent non pas de guérir la maladie, mais d’en réduire la douleur et de ralentir la progression de l’usure du cartilage.

  • Première d’entre elles, la pratique d’une activité physique régulière et adaptée à la progression de la maladie. Le mouvement fait en effet partie intégrante du traitement de l’arthrose et de la gonarthrose en particulier. Il permet de réduire les douleurs arthrosiques et l’impact de la maladie sur les activités de la vie quotidienne. Si vous souffrez d’arthrose du genou, vous devez donc bouger même si cela peut vous sembler de prime abord contre-productif. Discutez avec votre médecin traitant des exercices et activités possibles (renforcement musculaire, étirements et travail aérobie, yoga…). 

    De même, la rééducation peut aussi se révéler profitable, permettant là encore de diminuer les douleurs et de conserver la mobilité articulaire du genou et la musculature. Renforcement du quadriceps, équilibre, agilité, coordination font partie des exercices de kinésithérapie préconisés. Un programme personnalisé (type d'exercices, fréquence, intensité) peut ainsi être établi et démarré avec votre kinésithérapeute en lien avec votre médecin traitant, puis poursuivi en autonomie à domicile une fois que vous en avez la maîtrise. 


    À noter : vous pouvez utiliser des aides techniques, par exemple une canne (s’en servir du côté opposé au genou malade), une orthèse (genouillère élastique) afin de soulager vos articulations, ou encore porter des chaussures souples avec semelles orthopédiques amortissantes.

    Un bémol toutefois : durant les poussées inflammatoires le sport, tout comme les exercices de rééducation, doivent être stoppés temporairement. Lors de ces crises aiguës, l’articulation doit effectivement être mise au repos. Limitez donc les stations debout prolongées, les activités ménagères, les escaliers, le port de lourdes charges.
     

  • Autre option de traitement majeure : la perte de poids… si nécessaire bien sûr. Le surpoids, qui plus est l’obésité, aggrave en effet l’évolution de la gonarthrose du fait de la charge sur l’articulation atteinte. Un amaigrissement de 10% engendrerait ainsi une amélioration des symptômes de l’ordre de 28%.
  • Des médicaments permettent par ailleurs de soulager la douleur lors des poussées inflammatoires. En l’occurrence, des antalgiques : du paracétamol pour commencer, puis des anti-inflammatoires non stéroïdiens oraux (ibuprofène, aspirine) si le paracétamol s’est révélé inefficace (ce qui est souvent le cas). Toutefois, compte tenu de leurs effets indésirables multiples, leur utilisation doit être de courte durée (max 5 jours) et à la dose la plus faible efficace possible. 

    Des traitements locaux peuvent également être utilisés pour agir sur la douleur. Ils sont administrés par votre médecin généraliste ou rhumatologue : 

    • des infiltrations intra-articulaires de glucocorticoïdes en cas de poussée inflammatoire. Leur effet sur quelques semaines permet de passer le cap
    • des injections d’acide hyaluronique (aussi appelées viscosupplémentation) hors des poussées
       

Leur action est plus lente mais l’effet plus durable, entre huit mois et un an.

 

L’embolisation, un nouveau traitement mini-invasif

Outre ces traitements, il faut pointer l’arrivée, depuis quelques années en France, d’un nouveau traitement mini-invasif délivré par voie intra-artérielle : l’embolisation. La technique consiste à boucher momentanément les micro-artères “anormales” qui se sont développées afin de lever l’inflammation responsable des douleurs et gonflements survenant lors d’une poussée d’arthrose. L’intervention est de courte durée (1 à 2h) et s’effectue sous anesthésie locale en ambulatoire. 

Le radiologue injecte d’abord un produit de contraste via un cathéter inséré dans une artère de la jambe afin de cibler les artères hyper développées. Puis il les bouche à l’aide d’un produit d’embolisation qui se dissipe rapidement. Enfin, le cathéter est retiré et un pansement compressif est positionné sur le point de ponction.
La technique est indolore, sans convalescence, avec des effets secondaires minimes. L’amélioration est généralement ressentie quelques jours après l’intervention. 
Il s’agit d’un traitement relativement récent. À ce jour, les études montrent une amélioration durable à deux ans (des mobilités et de la diminution des douleurs) après embolisation. Cependant, ce traitement n’est pas encore accessible partout en France et n’est pas indiqué pour toutes les formes d’arthrose. Parlez-en avec votre médecin.

 

Conclusion

L’arthrose du genou est une maladie articulaire très répandue. Tout au fil de son évolution, des phases chroniques alternent avec des épisodes inflammatoires aigus provoquant de fortes douleurs. Elle est notablement invalidante à la fois parce qu’elle touche une articulation importante qui porte le poids du corps et parce que les douleurs associées restreignent la mobilité. 

Pour autant, même si la maladie ne se guérit pas, elle se soigne et ne doit pas être une fatalité. Des solutions permettent d’en limiter l’impact dans la vie quotidienne de ceux qui en souffrent. 

En cas d’arthrose très sévère et invalidante, la chirurgie, comme par exemple la pose d’une prothèse de genou, peut être envisagée. Le traitement chirurgical et la rééducation sont plus lourds que les traitements médicaux et mini-invasifs et l’indication doit être posée par un chirurgien, en concertation avec le patient.

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