Quelle concurrence dans le secteur de l’audioprothèse ?

L’Autorité de la concurrence (ADLC) a publié le 14 décembre son enquête sectorielle sur le secteur de l’audioprothèse. Ce rapport conforte l’action des réseaux de professionnels partenaires des plateformes de complémentaires. Ses recommandations vont dans le même sens que les positions exprimées de longue date par Santéclair.

 

L’Autorité de la concurrence (ADLC) a rendu public le 14 décembre une enquête sur le secteur de l’audioprothèse initiée depuis plusieurs mois déjà (nous vous en parlions en juillet). Au terme de cette enquête, au cours de laquelle l’ensemble des acteurs de la filière a été consulté, l’ADLC a identifié deux principaux obstacles au développement de la concurrence.

L’autorité pointe dans un premier temps, « le couplage entre la vente de l’appareil et les prestations associées qui met le patient dans l’incapacité d’exercer un véritable choix entre des offres de services différenciées ». Ce mode de facturation contraint par ailleurs le porteur à payer d’avance l’ensemble des prestations d’adaptation, de suivi et de contrôle qui s’échelonnent sur plusieurs années après l’achat, estiment les auteurs de ce rapport.

Les recommandations du gendarme de la concurrence

Deuxième obstacle : « la limitation du nombre d’audioprothésistes formés chaque année restreint l’offre de services offerts et limite la capacité des nouveaux acteurs du marché à recruter des personnels qualifiés ». L’ADLC recommande donc de rendre possible la déconnexion entre la vente initiale des appareils et les prestations de suivi et de supprimer – « ou à défaut d’augmenter » – le numerus clausus.

Dans son rapport, le gendarme de la concurrence retient quand même « une certaine dynamique » qui anime depuis quelques années le marché de l’audioprothèse. Parmi les aspects positifs soulevés : l’entrée en jeu des enseignes d’optique (Optical Center, Alain Afflelou et Krys Audition) qui ont permis de peser sur les prix et ainsi de faciliter l’accès à l’appareillage pour les patients, notamment ceux aux revenus modestes.

« Grâce aux mutualisations de coûts de structure (loyers, personnel commun aux deux activités, certains équipements) et aux économies de publicité liées à l’image de marque, ces chaînes peuvent adopter un positionnement offensif sur les prix, qui apparaissent sensiblement inférieurs à ceux des enseignes d’audition ou des indépendants ».

L’impact positif des réseaux de soins sur les prix

Sur les réseaux de soins, l’ADLC confirme l’avis qu’elle avait déjà exprimé en septembre 2009 relatif aux effets sur la concurrence du développement de réseaux de soins agréés.

Pour les auteurs de cet avis, la fixation de plafonds tarifaires par les plateformes de gestion des organismes complémentaires contribue à limiter les tarifs aux assurés de ces organismes. Dans le même temps leur action permet d’exercer, indirectement, une pression sur les prix proposés aux autres patients.

Le modèle proposé par les complémentaires participe également d’une amélioration de la qualité du fait des contrôles exercé par ces plateformes sur les produits vendus, les services offerts, le respect de certaines normes et pratiques professionnelles ou encore les caractéristiques du magasin.

Le prix de la plateforme la plus offensive revient à…

L’impact des réseaux semble déjà avoir fait son œuvre en optique, le premier secteur que les complémentaires santé ont investi, il y a plus de 10 ans. En 2015, le prix des lunettes a diminué pour la première fois depuis 2001, souligne ainsi la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) dans un rapport récent. « Le développement récent des réseaux de soins pourraient contribuer à la modération des prix du secteur », peut-on lire dans ce rapport. Bientôt le même constat dans le secteur de l’audioprothèse ?

Une chose est certaine, pour l’ADLC, l’intervention des réseaux « permet de rationaliser l’offre de soins et de stimuler la concurrence par les prix ». Dans le secteur de l’audioprothèse, Santéclair est la plateforme qui « mène la politique de prix la plus offensive, avec une baisse d’environ 35 % demandée aux professionnels de santé par rapport aux prix habituellement pratiqués. Les autres réseaux de soins pratiquent des prix de l’ordre de 10 à 15 % inférieurs au marché ».

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